Myrte : quelle odeur ?
Froissez une branche de myrte dans le maquis, un après-midi de juin. Une fraîcheur camphrée monte d’abord, proche de l’eucalyptus. Puis une note plus douce, presque florale, qui rappelle l’orange et le poivre. C’est moins médicinal que le romarin et moins rugueux que le cyprès. Dans un parfum, la myrte donne une sensation d’air sec et de soleil sur les feuilles. Sur la peau, elle s’efface en une heure et laisse les bois prendre le relais.
Origine et fabrication
La myrte (Myrtus communis) pousse tout autour de la Méditerranée, surtout en Corse, en Sardaigne, en Afrique du Nord et dans le sud de l’Espagne. Les Grecs et les Romains la consacraient à Aphrodite et à Vénus. En Corse et en Sardaigne, ses baies servent encore à faire une liqueur. L’huile essentielle s’obtient par distillation à la vapeur des feuilles et des jeunes rameaux. Elle est riche en cinéole, la molécule qui lui donne son côté eucalyptus.
L'usage en parfumerie
La myrte s’entend avec le cyprès, le genévrier, la lavande et les résines. Diptyque l’a placée en tête de Tam Dao (2003) avec le cyprès, avant un santal sec. Chez Serge Lutens, Ambre Sultan (1993) la glisse au cœur avec l’angélique, ce qui allège un ambre très dense. Tom Ford Costa Azzurra (2014) l’associe au genévrier et à la lavande pour évoquer la côte italienne. Valentino Uomo (2014) l’ouvre avec la bergamote avant un cœur de cuir et de noisette.
Comment la porter
La myrte se porte au printemps et à la fin de l’été. Tam Dao convient à tous les jours. Ambre Sultan est puissant et préfère l’hiver : une seule pulvérisation suffit.
