La méthode
La base compte 307 parfums qu'on cherche encore aujourd'hui. Ce n'est donc pas un recensement de toutes les sorties : c'est le portrait des parfums qui ont duré. Chaque parfum compte une fois par note, qu'elle soit en tête, en cœur ou en fond. Avant 1970, la base ne contient que 18 parfums. Nous les regroupons, et ces pourcentages anciens se lisent avec prudence.
La mousse de chêne, grande perdante
Avant 1990, 31 % des parfums de la base contiennent de la mousse de chêne. Depuis 2010, ils ne sont plus que 2 %. C'est la note des chypres, de Mitsouko (1919) à Eau Sauvage (1966). Sa chute vient surtout de la réglementation. L'IFRA a d'abord limité son dosage. Un règlement européen de 2017 a ensuite interdit deux de ses allergènes : l'atranol et le chloroatranol. Les chypres récents comme Aventus (2010) utilisent une mousse de chêne débarrassée de ces molécules.
Les aldéhydes, une affaire d'avant-guerre
22 % des parfums d'avant 1970 contiennent des aldéhydes. Depuis 2000, la note est devenue rare (2 %). N°5 (1921) les a rendus célèbres et Arpège (1927) a suivi la même piste. Aujourd'hui, on les croise surtout dans des parfums qui veulent sentir le linge propre, comme Blanche de Byredo (2009).
L'ambroxan, la note de notre époque
Aucun parfum de la base n'en contient avant 2008. Cette année-là, Molecule 02 d'Escentric Molecules le met seul en flacon. Il passe ensuite à 11 % des parfums des années 2010, puis 19 % depuis 2020. L'ambroxan sent l'ambre gris de synthèse : boisé, salé, un peu minéral. Il donne à beaucoup de masculins récents cette trace propre qui tient sur les vêtements le lendemain.
La vanille a connu un creux
Elle est dans 50 % des parfums d'avant 1970, portée par Shalimar et les orientaux. Elle tombe à 19 % entre 1970 et 1989, l'époque des fougères et des chypres puissants. Puis elle remonte à 50 % depuis 2020. La fève tonka suit la même courbe en plus marqué : 13 % avant 1990, 28 % aujourd'hui. La praline, absente avant La Vie Est Belle (2012), entre dans 9 % des parfums des années 2020.
Le poivre rose et l'oud, deux nouveaux venus
Le poivre rose n'apparaît pas dans la base avant Pleasures d'Estée Lauder (1995). Depuis 2000, il est dans 17 % des parfums, souvent en tête pour donner un départ pétillant. L'oud arrive en 2006 avec Black Aoud de Montale, et Tom Ford le fait entrer chez les créateurs l'année suivante avec Oud Wood. Il plafonne pourtant à 9 % des parfums sortis depuis 2000. C'est une note forte qui reste une spécialité.
Moins de parfums pour homme ou pour femme
Avant 1970, 11 % des parfums de la base sont mixtes. Dans les années 2010, la part monte à 37 %. La niche a poussé dans ce sens : Le Labo, Byredo et Maison Francis Kurkdjian donnent rarement un genre à leurs parfums. Les grandes maisons de mode, elles, continuent de vendre leurs best-sellers en version homme et femme.
Ce que ça change pour jouer à Perfumdle
Dans le jeu du jour, la note de fond donnée au départ trahit souvent l'époque. Une mousse de chêne oriente vers un parfum d'avant 1990. Un ambroxan ou une praline désignent presque toujours un parfum sorti après 2010.
Reprendre ces chiffres
Les chiffres de cette page sont libres de réutilisation, dans un article, une vidéo ou une newsletter. Merci simplement de citer la source avec un lien vers cette page.
Source : Perfumdle, « Les notes qui ont dominé chaque décennie », https://perfumdle.com/fr/etude-notes-parfum-par-decennie/