Histoire de la famille
Les épices comptent parmi les premières matières odorantes échangées par l’humanité, bien avant la parfumerie moderne. Dans les parfums, elles apparaissent d’abord comme accents : l’œillet de L’Air du Temps doit beaucoup à l’eugénol, molécule du clou de girofle. En 1953, Youth Dew d’Estée Lauder pose un fond épicé et résineux dense qui marque l’Amérique. Opium d’Yves Saint Laurent, composé par Jean Amic et Jean-Louis Sieuzac en 1977, fait du clou de girofle et de l’œillet une déclaration. Coco de Chanel, en 1984, prolonge cette voie baroque. Les années 2000 découvrent les épices fraîches : le poivre de Terre d’Hermès, la cardamome ou le gingembre des eaux masculines. Spicebomb de Viktor & Rolf, en 2012, en fait même un nom et un concept, tandis que la niche explore le safran, souvent associé au cuir et au oud.
Les sous-familles
Les épices chaudes, cannelle, clou de girofle, muscade, se marient à la vanille et aux résines dans les ambrés épicés comme Opium. Les épices fraîches, poivre rose, cardamome, gingembre, apportent une vivacité pétillante aux parfums boisés et aromatiques. Le safran, cuiré et métallique, est devenu un marqueur de la parfumerie de niche. Les épices florales, comme l’œillet, associent eugénol et pétales. Enfin, les épices gourmandes accompagnent pain d’épices, tabac ou rhum, dans la lignée de Tobacco Vanille ou By the Fireplace.
Comment la porter
Les épices chaudes se portent en automne et en hiver, en soirée, avec parcimonie : une ou deux vaporisations. Les épices fraîches, poivre et cardamome, conviennent toute l’année et au bureau. Sur des vêtements en laine, une note épicée garde longtemps sa chaleur, un effet plaisant par temps froid. Évitez les espaces confinés.

