Ciste : quelle odeur ?
Par une journée chaude en Andalousie, les buissons de ciste exhalent une odeur de résine qui colle presque à la peau. L’essence de ciste en garde l’esprit : ambrée, un peu miellée, avec une facette de cuir et de sous-bois sec. Elle est plus aérienne et plus herbacée que le labdanum, qui tire vers l’animal. Sur la peau, le ciste chauffe lentement et tient longtemps. Il donne aux parfums cette impression de peau dorée qu’on associe à l’ambre.
Origine et fabrication
Le ciste ladanifère (Cistus ladanifer) pousse dans les garrigues et les maquis d’Espagne et du Portugal. Ses feuilles et ses jeunes rameaux sécrètent une gomme collante par temps chaud. Deux matières en sont tirées. L’essence de ciste s’obtient par distillation à la vapeur des rameaux feuillés. Le labdanum provient de la gomme recueillie en faisant bouillir les rameaux. On la traite ensuite en résinoïde ou en absolu. Les fleurs blanches, qui ne durent qu’un jour, ne servent pas en parfumerie.
L'usage en parfumerie
Le ciste forme, avec la vanille et le benjoin, la base classique de l’accord ambré. Il s’entend aussi avec la rose, l’encens, le patchouli et le cuir. Rose 31 de Le Labo, composé par Daphné Bugey en 2006, s’en sert pour donner un fond sec à une rose épicée de cumin. Replica Under the Lemon Trees de Maison Margiela le cache en fond d’un hespéridé. Oud Maracujá de Maison Crivelli et Guidance d’Amouage le marient à l’Akigalawood.
Comment la porter
Le ciste se porte en automne et en hiver, de préférence en soirée. Sur une écharpe en laine, l’ambre de Rose 31 peut durer jusqu’au lendemain.