Styrax : quelle odeur ?
Ouvrez un flacon de résinoïde de styrax et vous sentez d’abord un caoutchouc chaud. Puis arrive une douceur de cannelle et de fleur séchée, presque de jacinthe. Le fond est cuiré, un peu goudronné. Cette facette fumée vient de composés proches du styrène, qui doit d’ailleurs son nom à ce baume. Sur la peau, le styrax s’arrondit vite. Il donne aux ambres un grain sombre que la vanille seule n’a pas.
Origine et fabrication
Le styrax de parfumerie ne vient pas du genre Styrax, qui donne le benjoin. Il provient du liquidambar : Liquidambar orientalis en Turquie, Liquidambar styraciflua en Amérique centrale. On blesse l’écorce et l’arbre sécrète un baume visqueux qu’on recueille, puis qu’on purifie. Les parfumeurs l’emploient sous forme de résinoïde ou d’huile essentielle distillée. Le baume turc reste le plus recherché pour sa richesse.
L'usage en parfumerie
Le styrax est un fixateur : il ralentit l’évaporation et allonge le fond. Il s’entend bien avec le labdanum, la vanille et le tabac. Ambre Sultan de Serge Lutens, signé Christopher Sheldrake en 1993, l’associe à des herbes sèches dans un ambre très résineux. Jazz Club de Maison Margiela s’en sert pour la fumée d’un bar à rhum. Hamdani de Parfums de Marly le pose sous un oud épicé. Chez Diesel, Only The Brave le glisse sous un cuir sucré.
Comment la porter
Le styrax appartient à l’hiver et aux soirées. Une pulvérisation au creux du cou suffit pour Ambre Sultan. Midnight in Paris, plus léger, supporte deux passages.
