Histoire de la famille
L’histoire du cuir parfumé commence chez les gantiers : dès la Renaissance, ceux de Grasse parfumaient les peaux pour masquer l’odeur du tannage, et la ville est devenue la capitale du parfum. Le cuir de Russie, traité à l’huile de bouleau, fumée et goudronnée, sert ensuite de modèle. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Caron lance Tabac Blond en 1919, créé par Ernest Daltroff pour les femmes qui fumaient, puis Chanel présente Cuir de Russie en 1924, signé Ernest Beaux. En 1944, Bandit de Robert Piguet, composé par Germaine Cellier, pousse le cuir vers une âpreté verte et provocante. La famille se fait plus discrète après les années 1970, avant un retour marqué dans la niche : Tuscan Leather de Tom Ford en 2007, porté par le safran et la framboise, puis Ombre Leather en 2018 rendent le cuir plus accessible et plus lisse.
Les sous-familles
Le cuir fumé ou goudronné, héritier du cuir de Russie, repose sur le bouleau et le cade : il évoque la selle, le feu et la route. Le cuir fleuri associe la matière animale à l’iris, la violette ou le jasmin, pour un effet de gant de peau. Le cuir daim ou suédé, plus doux et poudré, s’appuie souvent sur des muscs et le safran. Le cuir tabac, dans la lignée de Tabac Blond, mêle feuilles séchées et miel. Enfin, le cuir boisé ou oud associe peau tannée et bois sombres.
Comment la porter
Le cuir est une signature, pas un accessoire. Une vaporisation sur la poitrine ou à l’intérieur des poignets suffit, car ces matières tiennent souvent plus de huit heures. Il se porte en automne et en hiver, avec la laine ou le cuir lui-même. Les versions daim, plus douces, peuvent convenir au bureau.

