L'histoire de Molinard
Tout commence à Grasse au milieu du XIXe siècle, quand Molinard ouvre une boutique d'eaux florales et d'eaux de Cologne. La maison retient la date de 1849, même si ses tout premiers temps restent mal documentés. Vers 1860 apparaissent ses parfums de fleurs : rose, jasmin, violette et mimosa. En 1900, Molinard s'installe dans un bâtiment grassois dont la charpente de distillerie est attribuée à Gustave Eiffel. Le tournant arrive en 1921 avec Habanita. Ce n'est d'abord pas un parfum pour la peau mais un extrait destiné à parfumer les cigarettes. Il entre en parfumerie en 1924, dans un flacon dessiné par René Lalique. Habanita est retravaillé en 1988 dans une version plus boisée, puis relancé en eau de parfum en 2012. La maison est restée familiale. À Grasse, on visite toujours ses ateliers, et l'on peut même y composer son propre parfum.
Une signature olfactive
Habanita sent la poudre de riz et le tabac blond froid. L'ouverture mêle géranium et ylang-ylang, avec un petitgrain un peu vert et une note résineuse de lentisque. Le cœur est floral mais sec. Mimosa et héliotrope y apportent une poudre amandée, le vétiver une ombre terreuse. Le fond fait le reste avec la vanille, le patchouli et la mousse. Ce n'est pas un parfum facile. Il divise, et c'est précisément ce qui fait son prix.
Quel parfum Molinard choisir ?
Dans notre base, Molinard est représentée par Habanita, dans sa version eau de parfum. Testez-le sur la peau et pas sur une touche : sa poudre vanillée évolue beaucoup pendant la première heure. Il convient aux amateurs d'orientaux rétro et de vanilles qui ne cherchent pas le dessert. Une pulvérisation suffit pour la journée, deux pour un dîner d'hiver. En été, il devient étouffant. Pour le situer, sentez-le à côté de Shalimar de Guerlain, dont la vanille est plus fumée et plus cuirée.