Cerise : quelle odeur ?
La cerise en parfum a deux visages. Le premier est juteux et acidulé, proche du fruit qu’on croque en juin. Le second est plus sombre. Il sent le noyau, la griotte à l’eau-de-vie et le massepain. C’est la facette amande amère, apportée par le benzaldéhyde. Selon le dosage, on obtient un sirop de bonbon ou une liqueur profonde. Dans les meilleurs parfums, les deux cohabitent et la cerise semble presque boisée en fond.
Origine et fabrication
Le cerisier (Prunus avium pour la cerise douce) donne un fruit trop fragile et trop peu odorant pour être extrait. La note cerise naît donc au laboratoire. Le benzaldéhyde, isolé au XIXe siècle à partir de l’amande amère, en est la base. On lui ajoute des esters fruités et des lactones pour la chair du fruit. Certaines maisons y mêlent aussi des notes de liqueur ou de tonka pour évoquer le kirsch.
L'usage en parfumerie
Le parfumeur choisit le côté de la cerise qu’il veut montrer. Lolita Lempicka Le Premier Parfum la fond dans la réglisse et la vanille dès 1997. Guerlain La Petite Robe Noire en fait une cerise noire et sucrée, posée sur l’amande et le thé. Tom Ford Lost Cherry pousse la liqueur et l’amande au premier plan, avec un résultat dense. Plus légères, Burberry Her Intense et Emporio Armani In Love With You la rapprochent du bonbon fruité.
Comment la porter
Les cerises liquoreuses comme Lost Cherry demandent l’automne et le soir. Les versions acidulées passent mieux de jour. Évitez de doubler la dose en été : le sucre écœure vite à la chaleur.
