Hedione : quelle odeur ?
Sentie seule, l’hédione déçoit presque. Un jasmin très transparent, un peu citronné, avec une touche de thé vert. Rien de capiteux. Son vrai talent se révèle dans un mélange : elle donne de l’espace, comme si on ouvrait une fenêtre dans le flacon. Les agrumes paraissent plus diffusifs, les fleurs plus aériennes. Elle tient bien et reste en fond de sillage pendant des heures, sans jamais dominer.
Origine et fabrication
Le dihydrojasmonate de méthyle, vendu sous le nom d’Hedione, a été mis au point par la maison suisse Firmenich au début des années 1960. Il s’inspire du jasmonate de méthyle, présent dans l’absolue de jasmin. Son premier grand usage remonte à Eau Sauvage de Dior, composé par Edmond Roudnitska en 1966. Depuis, on l’emploie parfois à des doses importantes, jusqu’à une part notable de la formule.
L'usage en parfumerie
L’hédione s’entend avec presque tout, des agrumes aux muscs. Elle sert de liant et de projecteur. First de Van Cleef & Arpels, composé par Jean-Claude Ellena en 1976, l’utilise pour aérer un floral aldéhydé. Le même parfumeur en fait un pilier de Voyage d’Hermès. Invictus de Paco Rabanne s’en sert pour étirer sa fraîcheur marine. Side Effect d’Initio, plus sombre, l’emploie pour alléger un rhum vanillé.
Comment la porter
Un parfum riche en hédione se porte en toute saison. Elle aide les compositions à diffuser : avec Invictus, deux pulvérisations suffisent largement.
