Poivre noir : quelle odeur ?
À l’ouverture, le poivre noir surprend par son côté frais, presque citronné. Ce n’est pas la brûlure du grain moulu : la pipérine, responsable du piquant en bouche, ne s’évapore pas et reste hors du flacon. Restent les terpènes, qui sentent le zeste, le bois sec et la pierre chaude. Le caryophyllène lui donne un fond boisé un peu poussiéreux. L’extrait au CO2 se rapproche davantage du grain fraîchement moulu. Sur la peau, il s’efface assez vite et laisse une sécheresse nette.
Origine et fabrication
Le poivrier (Piper nigrum) est originaire de la côte de Malabar, dans l’actuel Kerala, au sud de l’Inde. Le poivre a fait la fortune des marchands arabes, vénitiens puis portugais. Les baies sont cueillies encore vertes, puis séchées au soleil jusqu’à noircir et se rider. L’huile essentielle s’obtient par distillation à la vapeur des grains concassés. L’Inde, le Vietnam, l’Indonésie et Madagascar figurent parmi les régions qui le cultivent.
L'usage en parfumerie
Le poivre noir se place en tête ou au cœur, là où il donne de l’énergie sans s’imposer. Avec le pamplemousse, il crée cette ouverture sèche et pétillante qu’on trouve dans This is Him de Zadig & Voltaire (2016) ou Only The Brave Wild de Diesel (2014). Valentino l’associe à la cannelle et à l’encens dans Uomo Noir Absolu (2017). Chez Lalique, Hommage à l’Homme (2011) le pose à côté de la violette et du piment de la Jamaïque. Bien plus ancien, Chamade pour Homme de Guerlain (1999) l’ouvrait déjà avec la bergamote.
Comment la porter
Le poivre noir se porte toute l’année. Les compositions fraîches comme L’Homme Cologne Bleue d’Yves Saint Laurent conviennent à l’été. Les versions encens et oud, plus lourdes, attendent l’hiver et deux pulvérisations au maximum.