Vétiver d'Haïti : quelle odeur ?
Le vétiver d’Haïti sent la racine lavée plutôt que la terre humide. On y perçoit un côté pamplemousse, une pointe de noisette grillée et une sécheresse boisée très nette. La fumée, si présente dans le vétiver de Java, reste ici discrète. Cette clarté explique sa popularité : il donne de la tenue sans assombrir un parfum. Sur la peau, il dure longtemps et finit sur une note boisée sèche, un peu ambrée.
Origine et fabrication
Le vétiver (Chrysopogon zizanioides) est une graminée dont on distille les racines. Haïti en est l’un des tout premiers producteurs mondiaux. La région des Cayes, dans le sud du pays, concentre une grande partie des cultures. On arrache les racines, on les lave, on les sèche puis on les distille longuement à la vapeur. Le terroir change l’odeur : Java donne une essence plus fumée, La Réunion (le vétiver Bourbon) une version plus terreuse. Haïti se situe du côté frais et lumineux.
L'usage en parfumerie
Parce qu’il est propre, le vétiver d’Haïti sert souvent de squelette à un boisé moderne. Il se marie au cyprès, aux agrumes et aux musques. Encre Noire de Lalique (2006), signé Nathalie Lorson, l’associe au cyprès pour un effet d’encre et de bois mouillé. Dior Vetiver (2010) le fait sonner avec le pamplemousse et le café. Encre Noire à l’Extrême (2015) a la particularité de l’associer au vétiver de Java, comme pour montrer les deux visages de la même racine.
Comment la porter
Il se porte toute l’année, avec une préférence pour l’automne. Deux pulvérisations sur le col d’une chemise suffisent : Encre Noire projette peu mais dure toute la journée.