Algue : quelle odeur ?
Marchez sur une plage bretonne à marée basse : l’air sent l’iode, le sel et la végétation mouillée qui sèche sur les rochers. L’algue en parfum reprend cette odeur, plus brute que les notes marines habituelles. Elle a un côté vert, presque légumier, et parfois une facette animale. Bien dosée, elle donne du réalisme. Surdosée, elle évoque la poissonnerie. Sur la peau, elle reste longtemps en fond, collée au bois.
Origine et fabrication
Il existe une absolue d’algue, obtenue par extraction aux solvants à partir d’algues brunes séchées. Elle est rare, chère et très puissante. Le plus souvent, les parfumeurs construisent la note avec des molécules marines et iodées, du sel et des notes vertes. La Bretagne, avec ses grandes récoltes d’algues, reste la référence culturelle de cette odeur.
L'usage en parfumerie
L’algue sert à rendre un accord marin crédible. Elle se marie avec le bois flotté, le sel, l’ambre gris et les aromatiques. Costa Azzurra de Tom Ford (2014) l’ouvre avec le bois flotté et le genévrier pour évoquer une côte méditerranéenne. Un Air de Bretagne de L’Artisan Parfumeur (2017) la place au cœur avec le cyprès et le néroli. Acqua di Scandola de Parfum d’Empire (2018) l’associe à l’immortelle et à la mousse de chêne, ce qui donne un maquis au bord de l’eau.
Comment la porter
L’algue se porte surtout en été. Un Air de Bretagne fonctionne aussi par temps gris d’automne. Deux pulvérisations suffisent, car l’iode peut vite devenir lourd en espace clos.