Cacao : quelle odeur ?
Ouvrez une boîte de cacao en poudre non sucré. L’odeur est sèche, terreuse, un peu poussiéreuse, avec une amertume qui gratte presque la gorge. Une nuance grillée rappelle le café. Puis vient une rondeur qui annonce le chocolat sans y arriver. En parfum, le cacao garde cette sécheresse tant qu’on ne le noie pas sous la vanille. Il apparaît en général au cœur ou en fond, et tient plusieurs heures sur la peau.
Origine et fabrication
Le cacaoyer (Theobroma cacao) est originaire du bassin amazonien. Les peuples de Mésoamérique, dont les Mayas et les Aztèques, le cultivaient bien avant l’arrivée des Espagnols. Les fèves sont fermentées, séchées puis torréfiées. La parfumerie dispose d’une absolue de cacao, obtenue par extraction aux solvants, au rendu sombre et presque amer. Elle reste chère. La plupart des notes cacao sont donc des accords qui l’associent à des molécules grillées ou poudrées.
L'usage en parfumerie
Le cacao fait le pont entre le sucré et le boisé. Il aime la fève tonka, le santal, la rose et les épices. Serge Lutens l’emploie dans Santal Majuscule (2012) pour donner au santal un fond poudré et légèrement amer. Carolina Herrera Bad Boy (2019) le pose en fond avec la fève tonka, sous un cœur de cèdre. Pure XS Night de Paco Rabanne (2019) le chauffe à la cannelle. Chez les femmes, Contre Moi de Louis Vuitton (2016) le glisse sous la vanille et Burberry Goddess (2023) l’ouvre avec la lavande.
Comment la porter
Le cacao se porte d’octobre à mars, plutôt le soir. Santal Majuscule convient au bureau avec deux pulvérisations. Pure XS Night, beaucoup plus sucré, se réserve aux sorties.