Fumée : quelle odeur ?
Pensez à une cheminée le lendemain, à une tasse de lapsang souchong ou à une bougie qu’on vient de souffler. La fumée en parfum peut prendre chacun de ces visages. Elle est sèche, un peu amère, parfois cuirée ou phénolique. Bien dosée, elle donne de la profondeur et un côté intimiste. Trop forte, elle évoque le barbecue. Sur la peau, elle tient longtemps et s’adoucit en fond boisé.
Origine et fabrication
La note fumée se construit avec plusieurs matières. Les goudrons de bouleau et de cade, obtenus par distillation sèche du bois, donnent une fumée cuirée. Le gaïacol et d’autres molécules phénoliques imitent le bois brûlé. L’encens, le styrax et certains vétivers ajoutent leur part de fumée. Chaque parfumeur dose son mélange selon qu’il veut évoquer le feu, le cuir ou le thé.
L'usage en parfumerie
La fumée sert à assombrir un parfum frais ou à donner du relief à un boisé. Elle aime le thé noir, les agrumes, la lavande et le cuir. Thierry Wasser a construit Néroli Outrenoir de Guerlain (2016) autour d’un contraste entre néroli lumineux et thé noir fumé. Phantom de Paco Rabanne (2021) glisse une touche fumée au cœur d’une fougère lavande et citron. Thé Cachemire de Dior (2018) la pose en fond, sous le thé et le maté.
Comment la porter
La fumée se porte en automne et en hiver, avec un pull ou un manteau. Néroli Outrenoir surprend aussi au printemps. Deux pulvérisations suffisent, car la fumée colle aux vêtements.