Menthe poivrée : quelle odeur ?
Respirez une feuille froissée et la sensation arrive avant l’odeur : un courant d’air glacé dans les narines. C’est le menthol, la molécule majoritaire de son huile essentielle. Derrière ce froid se cache une note herbacée assez sèche, un peu camphrée. Elle est moins sucrée que la menthe verte des chewing-gums. Rien de gourmand ici. En parfumerie, cette fraîcheur file vite et disparaît souvent en moins d’une heure. Ce qu’elle laisse derrière elle, c’est un relief vert qui réveille la lavande et les bois.
Origine et fabrication
La menthe poivrée (Mentha × piperita) est un hybride naturel de la menthe aquatique et de la menthe verte. Elle pousse en climat tempéré et se cultive à grande échelle. Les États-Unis, notamment le nord-ouest du pays, sont un grand producteur historique de son essence. On récolte les parties aériennes juste avant la floraison, on les laisse faner un peu au champ, puis on les distille à la vapeur. L’huile obtenue sert autant à la confiserie et au dentifrice qu’à la parfumerie.
L'usage en parfumerie
Les parfumeurs la dosent avec prudence, car elle évoque vite la salle de bains. Associée à la lavande et à la verveine, elle tire une fougère vers l’air frais du matin. Green Irish Tweed de Creed (1985) l’ouvre avec la verveine citronnée et la feuille de violette. La même année, Derby de Guerlain la glisse au milieu de l’armoise et des épices, dans un chypre cuiré. Plus récent, A*Men Kryptomint de Mugler (2017) la pose au-dessus du café et du chocolat. Le contraste glacé et sucré fonctionne mieux qu’on ne l’imagine.
Comment la porter
La menthe poivrée prend tout son sens en été et au sortir de la douche. Elle s’évapore vite : vaporisez plutôt sur un tee-shirt que sur la peau pour garder la fraîcheur une heure de plus.