L'histoire de Dana
Javier Serra a fait ses armes chez Myrurgia, grande maison de parfum barcelonaise, avant de fonder Dana en 1932. Il choisit un nom court, facile à prononcer partout. La société s'installe ensuite à Paris, rue de la Paix, à deux pas de la place Vendôme. Son premier succès s'appelle Tabu, signé Jean Carles. C'est un oriental épicé et sombre, à rebours des floraux sages de l'époque. Canoë suit en 1935, toujours de Jean Carles, cette fois pour les hommes. En 1940, l'occupation allemande pousse Dana à transférer ses activités principales aux États-Unis. La marque y devient un nom de grande diffusion, présent dans les drugstores. Elle a changé plusieurs fois de propriétaire depuis les années 1990. Ses classiques sont aujourd'hui commercialisés par Dana Classic Fragrances, depuis New York. Les formules ont été retouchées au fil des rachats, mais les noms et les flacons ont tenu.
Une signature olfactive
Canoë est une fougère de l'ancienne école, plus savonneuse que la plupart des fougères actuelles. La lavande et la bergamote ouvrent sur un petitgrain un peu amer. Le géranium et le clou de girofle donnent ensuite au cœur un parfum de salon de barbier. Le fond change tout : mousse de chêne, héliotrope et une vanille discrète, qui rappellent le savon à barbe d'autrefois. Tabu, absent de notre base, montre l'autre visage de Jean Carles chez Dana avec un oriental lourd et patchouli.
Quel parfum Dana choisir ?
Dans notre base, Dana est représentée par Canoë, une eau de toilette de 1935. Choisissez-le si vous aimez les parfums de barbier et les fougères poudrées. Il coûte peu, ce qui en fait une bonne école pour comprendre la famille fougère avant d'investir ailleurs. Vaporisez-le sans compter, sur la peau et sur le col de chemise. Les flacons actuels sont reformulés : ne cherchez pas l'odeur exacte du flacon de votre grand-père. Pour le situer, sentez-le à côté d'Azzaro Pour Homme, plus anisé et plus moderne. Jicky de Guerlain, son ancêtre lointain, complète bien la comparaison.