Anis : quelle odeur ?
L’anis sent le bonbon à la réglisse, le pastis glacé en terrasse. Sa fraîcheur n’a rien d’acide : elle est ronde, un peu sucrée, presque crémeuse. En parfum, il ne reste pas longtemps seul. Il s’accroche vite aux notes poudrées et à l’héliotrope, ce qui donne cet effet amande et guimauve des vieux Guerlain. Chez les hommes, il rafraîchit les fougères sans passer par les agrumes. Ceux qui détestent le pastis le repèrent en une seconde.
Origine et fabrication
L’anis vert (Pimpinella anisum) est une ombellifère du bassin méditerranéen, cultivée pour ses graines. La badiane, ou anis étoilé (Illicium verum), vient d’un arbre du sud de la Chine et du Vietnam. Les deux s’obtiennent par distillation à la vapeur et contiennent une forte proportion d’anéthol. Le fenouil, cousin de l’anis vert, partage cette molécule. La parfumerie utilise aussi l’anéthol isolé, plus net et plus facile à doser.
L'usage en parfumerie
L’anis sert de pont entre la tête et le cœur. Il s’entend avec la lavande, la coumarine et les fleurs poudrées. Guerlain l’a posé en tête de L’Heure Bleue dès 1912, contre l’héliotrope et l’iris. Poison de Dior l’emploie en 1985 au milieu des épices et de la tubéreuse. Azzaro pour Homme (1978) en fait une fougère anisée devenue un repère du rayon masculin. Plus récent, La Petite Robe Noire de Guerlain le laisse traîner dans un fond de réglisse et de cerise.
Comment la porter
L’anis passe bien toute l’année, avec un net avantage au printemps. Une pulvérisation d’Azzaro pour Homme suffit pour une journée de bureau. Poison, lui, se réserve au soir.

