Civette : quelle odeur ?
Pure, la civette est franchement fécale. Personne ne la sentirait par plaisir. Diluée à l’extrême, elle change de visage. Elle devient chaude et musquée, presque florale. C’est là tout son intérêt. Une trace de civette rend le jasmin plus charnel et la rose plus vivante. Sur la peau, elle prolonge le fond pendant des heures et donne cette impression de corps tiède que les vieux parfums portent si bien. Certains la trouvent sale, et ils n’ont pas tort.
Origine et fabrication
La civette d’Afrique (Civettictis civetta) produit cette pâte dans des glandes situées près de la queue. Elle était autrefois récoltée sur des animaux en captivité, notamment en Éthiopie. Les conditions d’élevage ont été largement dénoncées. La parfumerie moderne utilise donc des reconstitutions de synthèse. La civettone, cétone macrocyclique identifiée dans la sécrétion, se fabrique en laboratoire. Les notes « civette » des parfums actuels sont quasiment toutes des accords.
L'usage en parfumerie
La civette travaille en sourdine, dans le fond. Elle épaule le jasmin, la rose et les ambres. Aimé Guerlain l’emploie dans Jicky en 1889, contre la lavande et la vanille. Joy de Jean Patou, en 1930, l’appuie sous le jasmin et la rose. Kouros d’Yves Saint Laurent (1981) la pousse plus loin avec le miel et le cuir. Noir de Tom Ford (2012) en garde un écho dans un oriental poivré.
Comment la porter
Un parfum à civette se porte le soir, plutôt en hiver. Une pulvérisation suffit, sur la peau et non sur les vêtements. Évitez les espaces fermés : Kouros sature vite un ascenseur.

