Immortelle : quelle odeur ?
Frottez une tige d’immortelle sèche au bord d’un sentier corse en juillet. L’odeur rappelle d’abord le curry et le fenugrec. Puis viennent le foin coupé, le miel et une note caramélisée proche du sirop d’érable. Rien de floral au sens classique. Elle est chaude, épicée et un peu salée. Elle divise : certains la trouvent réconfortante, d’autres trop culinaire. Sur la peau, elle tient longtemps et se mêle volontiers au tabac et au cuir.
Origine et fabrication
L’immortelle (Helichrysum italicum) pousse sur les sols secs et rocailleux de la Méditerranée. La Corse et les Balkans, notamment la Bosnie et la Croatie, en sont les principaux producteurs. Son nom vient de ses fleurs, qui gardent forme et couleur une fois séchées. On distille à la vapeur les sommités fleuries pour obtenir l’huile essentielle. Une absolue, plus sombre et plus miellée, s’obtient par extraction aux solvants.
L'usage en parfumerie
L’immortelle se marie au tabac, au miel, au cuir et aux notes grillées. Serge Lutens l’a mise en tête de Chergui (2001) avec le foin, avant un cœur de miel et de tabac. Il la reprend au cœur de Jeux de Peau (2011), où elle croise le lait, la réglisse et des notes grillées de croûte de pain. Guerlain Cuir Beluga (2005) l’associe au cuir sur un fond d’héliotrope et de vanille. Nina Ricci Luna (2016) l’utilise de façon plus discrète, aux côtés du caramel et de la poire.
Comment la porter
L’immortelle se porte en automne et en hiver, plutôt en fin de journée. Chergui est puissant : une pulvérisation sur un pull suffit. Cuir Beluga, plus doux, se porte de près.