Flacon de Fahrenheit Dior

Dior · 1988

Fahrenheit

Violette, essence et cuir chaud : un masculin qui sent l’asphalte au coucher du soleil.

Maison
Dior
Lancement
1988
Concentration
Eau de Toilette
Parfumeur
Jean-Louis Sieuzac, Michel Almairac

Pyramide olfactive

Les notes de Fahrenheit

Notes de tête

Les premières minutes

Notes de cœur

Le caractère, pendant des heures

Notes de fond

Le sillage qui reste

Notre lecture

Comment sent Fahrenheit ?

Quand Dior lance Fahrenheit en 1988, le parfum déroute par sa facette pétrolée, que beaucoup comparent à une odeur d’essence ou de bitume chauffé. Jean-Louis Sieuzac et Michel Almairac construisent ce contraste autour de la feuille de violette. L’ouverture mêle lavande, mandarine et aubépine, dans une fraîcheur déjà légèrement métallique. Le cœur est la signature : une violette verte, presque huileuse, relevée de muscade et soutenue par le cèdre. Le fond glisse vers un cuir chaud, un santal crémeux et un vétiver sec qui prolongent le sillage très longtemps. Clivant dès sa sortie, Fahrenheit est aujourd’hui reconnu comme l’un des masculins les plus originaux de son époque.

Quand le porter

Il se porte en soirée ou au bureau par temps frais. Il plaît aux hommes qui recherchent une singularité affirmée plutôt que la séduction facile.

L'histoire de Fahrenheit

Quand Fahrenheit arrive en 1988, Eau Sauvage a vingt-deux ans et Jules en a huit. La parfumerie masculine se partage alors entre fougères boisées et cuirs puissants. Dior choisit une autre voie. Jean-Louis Sieuzac et Michel Almairac misent sur la feuille de violette, matière verte et un peu grasse, qu’ils poussent jusqu’à obtenir cette impression d’essence et d’asphalte chaud qui fera la réputation du parfum. Le flacon joue le même contraste avec un verre en dégradé de rouge et d’orangé, comme une braise ou un coucher de soleil. Le nom, emprunté à l’échelle de température, prolonge l’idée de chaleur. À sa sortie, Fahrenheit déroute autant qu’il attire. Il s’impose pourtant comme l’un des piliers masculins de la maison, à côté d’Eau Sauvage. Dior l’a décliné à de nombreuses reprises. Fahrenheit 32 sort en 2007 dans une veine plus douce. Fahrenheit Le Parfum suit en 2014 et arrondit la violette avec du benjoin et de la tonka. L’eau de toilette d’origine reste la référence, et la plus clivante de la famille.

Notre avis détaillé

Dès la vaporisation, la lavande et la mandarine filent. Ce qui reste au bout de cinq minutes, c’est cette violette huileuse que nous associons à une station-service sous la pluie, avec une muscade qui la rend presque poivrée. Ce cœur dure deux à trois heures et c’est lui qu’on aime ou qu’on rejette. Puis le cuir et le vétiver montent doucement. Le santal donne au fond une rondeur crémeuse inattendue après une ouverture aussi métallique. Fahrenheit est réussi parce qu’il ne ressemble toujours à rien d’autre, plus de trente ans après. Sa faiblesse vient du même endroit. Sur certaines peaux, la note pétrolée tourne à la vieille gomme et devient pénible en espace fermé. Le cèdre se fait aussi très discret, si bien que le cœur boisé manque un peu de relief. Il ira à ceux qui veulent une odeur reconnaissable entre mille et qui acceptent de ne pas plaire à tout le monde. Les amateurs de fraîcheurs bleues consensuelles le détesteront, souvent dès la première seconde.

Fahrenheit face à ses rivaux

Face à Fahrenheit Le Parfum, l’original paraît plus sec et plus pétrolé. Les deux partagent l’aubépine, la lavande, la violette et le vétiver. La version de 2014 ajoute benjoin et tonka : sa violette devient veloutée, presque sucrée, sur un cuir plus nocturne. Si l’essence vous gêne, commencez par Le Parfum. Palatine de Parfums de Marly n’a en commun que la violette, la lavande et le santal. Poire et pêche en font un floral fruité doux, sans aspérité, qui vise une tout autre clientèle. Il montre ce que devient la violette quand on lui retire son côté minéral. Sauvage Elixir reprend la muscade, la lavande, le santal et le vétiver. Il les noie ensuite dans la cannelle, la réglisse et l’ambre. C’est plus dense et plus flatteur. Pour se distinguer, Fahrenheit. Pour séduire sans risque en soirée, Sauvage Elixir.

Tenue, sillage et usage

Puissant pour une eau de toilette, Fahrenheit tient en général de sept à neuf heures sur peau, davantage sur un col de manteau. Le sillage est marqué pendant la première heure et demie, puis reste à distance de bras. Deux pulvérisations suffisent. Une seule au bureau ou en voiture, où la note d’essence prend vite toute la place. Nous le vaporisons sur la nuque et le torse. Évitez les poignets si vous tapez au clavier toute la journée : l’odeur vous remonte au nez en permanence. Il est taillé pour l’automne et l’hiver, et un printemps frais lui va aussi. La chaleur d’été rend sa violette lourde et grasse.

VerdictUn chef-d’œuvre d’audace qui divise encore : on l’adore ou on ne supporte pas sa note pétrolée.

Classé dans la famille floral, boisé , Fahrenheit fait partie des 15 créations de Dior présentées dans notre encyclopédie.

Questions sur Fahrenheit

Quelles sont les notes de Fahrenheit ?

Fahrenheit de Dior s'ouvre sur lavande, mandarine et aubépine. Son cœur associe violette, noix de muscade et cèdre, avant un fond de cuir, santal et vétiver.

Fahrenheit est-il un parfum pour homme ou pour femme ?

Dior présente Fahrenheit comme un parfum masculin. Rien n'empêche de le porter autrement : la parfumerie contemporaine brouille volontiers ces frontières.

Quand Fahrenheit est-il sorti ?

Fahrenheit a été lancé en 1988 par Dior, sur une composition de Jean-Louis Sieuzac, Michel Almairac. Il est proposé en Eau de Toilette.

En quelle saison porter Fahrenheit ?

Idéalement en automne, en hiver et au printemps. Il se porte en soirée ou au bureau par temps frais. Il plaît aux hommes qui recherchent une singularité affirmée plutôt que la séduction facile.

Quels parfums ressemblent à Fahrenheit ?

D'après leurs notes communes, les plus proches sont Fahrenheit Le Parfum (Dior), Palatine (Parfums de Marly), Sauvage Elixir (Dior).