Armoise : quelle odeur ?
L’armoise sent la garrigue après la pluie, les feuilles grises qu’on froisse au bord d’un chemin. Son attaque est camphrée et franchement amère, proche de la sauge et du thym. Puis vient une facette plus ronde, un peu fruitée selon l’espèce. Elle n’a rien de doux. Sur la peau, elle s’efface en une heure environ et laisse un sillage sec qui durcit les lavandes et les mousses. C’est une note d’attaque, faite pour mordre.
Origine et fabrication
Le genre Artemisia compte plusieurs centaines d’espèces. L’armoise commune (Artemisia vulgaris) pousse dans toute l’Europe, mais la parfumerie emploie surtout l’armoise blanche (Artemisia herba-alba), distillée au Maroc. Son huile essentielle s’obtient par distillation à la vapeur des parties aériennes. La famille est vaste : l’absinthe (Artemisia absinthium) a donné son nom à la liqueur, l’estragon est une armoise, et la davana indienne (Artemisia pallens) en est une autre.
L'usage en parfumerie
Dans une fougère, l’armoise fait le lien entre les agrumes de tête et le duo lavande et mousse de chêne. Elle cohabite bien avec le basilic, la sauge et le cuir. Polo de Ralph Lauren, signé Carlos Benaïm en 1978, l’utilise dans une ouverture très verte. Trois ans plus tard, Kouros de Pierre Bourdon pour Yves Saint Laurent la mêle aux aldéhydes et à un miel animal. Jazz, toujours chez Saint Laurent, reprend la formule en 1988. Déclaration de Cartier, en 1998, l’associe au cumin et à l’orange amère.
Comment la porter
L’armoise se porte au printemps et en automne, avec une chemise ouverte plutôt qu’un costume serré. Sur peau chaude, Kouros reste puissant : une pulvérisation dans le cou suffit largement.

