Mousse : quelle odeur ?
La mousse sent la forêt un matin de novembre. Une écorce mouillée, un peu d’encre, une pointe saline qui rappelle les algues. Il y a aussi un côté cuir tanné et presque fumé, surtout avec la mousse d’arbre. Rien de vert ni de frais ici : c’est une note d’ombre. Elle tient des heures et tapisse le fond d’un parfum sans jamais briller en tête. Sur peau sèche, elle peut paraître austère.
Origine et fabrication
Malgré son nom, la mousse de parfumerie vient de lichens. La mousse de chêne (Evernia prunastri) pousse sur les branches des chênes, la mousse d’arbre (Pseudevernia furfuracea) sur les conifères. On les récolte surtout dans les Balkans et en Afrique du Nord, puis on les traite aux solvants pour obtenir une absolue épaisse. Certains composants naturels sont allergisants. Les normes IFRA en limitent donc l’usage et les maisons emploient des versions débarrassées de l’atranol, ou des substituts de synthèse.
L'usage en parfumerie
La mousse fait tenir les chypres et les fougères : sans elle, la structure s’effondre. Elle sait aussi assombrir un cuir. Habanita de Molinard, en 1921, s’en servait déjà pour habiller un tabac poudré. Ombre Leather de Tom Ford la glisse sous un cuir souple et un jasmin discret. Another 13 de Le Labo la mêle à l’ambrette dans une peau musquée presque abstraite. Chez Parfums de Marly, Kalan l’emploie dans un oriental épicé plus sombre qu’on ne l’attend.
Comment la porter
La mousse se porte en automne, quand le sol sent la feuille mouillée. Deux pulvérisations sur un pull en laine suffisent : Habanita et Ombre Leather tiennent jusqu’au lendemain sur le tissu.

