Pin : quelle odeur ?
Marchez dans une pinède en plein été : l’air sent la résine chaude, les aiguilles sèches et un peu le citron. L’essence de pin reprend ce mélange, avec une fraîcheur balsamique qui dégage le nez. Mal dosée, elle évoque vite le produit ménager, ce qui explique sa discrétion actuelle. Bien utilisée, elle donne une impression d’air pur et de bois clair. Sur la peau, elle tient une à deux heures avant de laisser la place aux mousses.
Origine et fabrication
Le pin (genre Pinus) couvre une grande partie de l’hémisphère Nord. Le pin sylvestre (Pinus sylvestris) fournit l’essentiel de l’huile essentielle utilisée en parfumerie. On distille à la vapeur les aiguilles et les jeunes rameaux. L’huile obtenue est riche en pinène, la molécule de la fraîcheur résineuse. On produit aussi de la térébenthine à partir de la résine, mais elle sert davantage à l’industrie qu’au parfum fin.
L'usage en parfumerie
Le pin s’allie à la lavande, au romarin, à la mousse de chêne et au cuir. Penhaligon’s l’a placé au cœur de Blenheim Bouquet en 1902, un hespéridé créé pour le duc de Marlborough. Caron Yatagan (1976) l’associe à l’armoise et au fenouil dans un chypre sauvage. Polo de Ralph Lauren (1978) l’entoure de patchouli et de mousse. Dior Granville (2010), qui évoque la maison d’enfance de Christian Dior en Normandie, le mêle au romarin et à l’ajonc.
Comment la porter
Le pin se porte à l’automne, en extérieur, avec une veste en laine ou un pull épais. Polo et Yatagan sont puissants : une pulvérisation suffit. Granville, plus aéré, passe aussi en été.
