Parcours : le premier nez extérieur à la famille
Né en Suisse, Thierry Wasser fait carrière dans les grandes maisons de composition avant de rejoindre Guerlain en 2008. Il y succède à Jean-Paul Guerlain et devient le premier parfumeur maison de l’histoire de Guerlain à ne pas porter le nom de la famille. Le poste est lourd. Il hérite de Shalimar et de L’Heure Bleue, donc d’un style très codé où dominent vanille, fève tonka et iris. Son rôle mêle création et gardiennage : il veille aussi aux matières premières et à la fidélité des classiques. Sur les lancements récents, il travaille souvent en duo avec Delphine Jelk, qui cosigne les trois parfums de cette page. Notre lecture : Wasser n’a pas cherché à rompre avec la maison. Il a plutôt rendu la signature Guerlain plus légère et plus immédiate, pour une clientèle qui arrive à la marque par ces lancements plutôt que par Shalimar.
Style : la guerlinade en version légère
Les trois parfums de cette page partagent un même socle chaud. La fève tonka revient dans La Petite Robe Noire et L’Homme Idéal, la vanille dans La Petite Robe Noire et Mon Guerlain. La coumarine de Mon Guerlain complète le tableau. C’est l’héritage Guerlain, rien d’étonnant. Ce qui change, c’est l’ouverture. Wasser ajoute en tête une note ludique et très lisible : la cerise et l’amande de La Petite Robe Noire, la lavande de Mon Guerlain. L’amande amère ouvre aussi L’Homme Idéal, et elle apparaît comme sa matière fétiche sur cette page. Les intensités restent mesurées, toutes notées 3 sur 5. Ce sont des parfums faits pour être portés tous les jours, pas pour saturer une pièce. Le revers : face aux grands classiques de la maison, ils paraissent parfois sages. On gagne en facilité ce qu’on perd en mystère.

