Parcours : d’IFF à Chanel
Fils de Jacques Polge, qui a dirigé la création des parfums Chanel pendant plus de trente ans, Olivier Polge ne commence pourtant pas chez Chanel. Il fait ses armes chez IFF, une grande maison de composition qui travaille pour de nombreuses marques. C’est là que naissent Dior Homme en 2005, The One for Men en 2008 et Spicebomb en 2012, qu’il signe seul. Il cosigne aussi Flowerbomb, La Vie Est Belle et Invictus avec d’autres parfumeurs, une pratique courante sur les gros lancements. En 2013, il rejoint Chanel. Deux ans plus tard, il succède à son père à la tête de la création parfum. Gabrielle, sorti en 2017, compte parmi ses premiers grands féminins pour la maison. Ce parcours lui donne une double compétence rare. Il sait écrire des parfums qui plaisent à un très large public, puis les raffiner selon les codes d’une maison très exigeante.
Style : la douceur sous contrôle
Le fil commun des parfums de cette page tient en un mot : la douceur. Iris et cacao dans Dior Homme, praline et vanille dans La Vie Est Belle, vanille et patchouli dans Flowerbomb. Même ses masculins épicés, Spicebomb et The One for Men, reposent sur des épices chaudes plutôt que piquantes. Polge sait doser ce sucre pour qu’il reste portable, et c’est sa principale qualité. Le revers se voit sur La Vie Est Belle, noté 5 sur 5 en intensité, dont la puissance lasse une partie du public. L’iris revient souvent, de Dior Homme à La Vie Est Belle jusqu’au fond de Gabrielle, comme une signature discrète. Chez Chanel, son écriture s’allège. Gabrielle joue quatre fleurs blanches en pleine lumière sur un fond de santal et de cashmeran, sans aucune gourmandise. C’est plus poli, parfois trop, mais la main reste précise.

