Parcours : de Séville à Firmenich
Né à Séville en 1950, Alberto Morillas grandit à Genève. Il entre chez Firmenich, la grande maison de composition genevoise, au début des années 1970 et y fait l’essentiel de sa carrière. Son nom reste longtemps inconnu du public, comme celui de la plupart des parfumeurs de composition. Puis viennent les années 1990 et deux parfums qui changent le paysage : CK One en 1994, cosigné avec Harry Frémont, et Acqua di Gio en 1996. Il enchaîne ensuite les commandes pour Kenzo et Gucci, puis Marc Jacobs et Versace. La plupart sont des parfums frais et lumineux, destinés à un large public. Il a aussi fondé sa propre maison, Mizensir. Notre avis : peu de parfumeurs ont autant marqué l’odeur quotidienne des salles de bains et des vestiaires. Sa carrière montre qu’un parfum grand public bien écrit peut rester une référence trente ans plus tard.
Style : l’art du propre
Presque tous les parfums de cette page reposent sur le musc. On le trouve au fond de CK One, d’Acqua di Gio et de Daisy. Mugler Cologne n’a pratiquement que lui en fond. Morillas l’utilise pour donner une sensation de peau lavée qui dure plus longtemps que les agrumes du départ. L’autre constante, c’est la bergamote en tête, avec des intensités basses ou moyennes : aucun parfum de la sélection ne dépasse 4 sur 5. Ce style a un prix. Beaucoup de ses créations sont jugées trop discrètes ou trop répandues, et la tenue de CK One ou de Daisy reste courte. Mais quand il ajoute de l’ombre, le résultat change d’échelle. Acqua di Giò Profumo pose de l’encens et du patchouli sous la mer, Dylan Blue fait de même avec l’encens et le safran. Côté féminin, il préfère les fleurs transparentes : pivoine mouillée pour Pleasures, violette poudrée pour Flower by Kenzo.

