Parcours : de la chimie à Hermès
Née en Suisse, Christine Nagel vient de la chimie avant de passer à la composition. Elle travaille pour plusieurs grandes maisons de composition et signe des parfums pour des marques très différentes. Narciso Rodriguez for Her en 2003, écrit avec Francis Kurkdjian, puis The One de Dolce & Gabbana en 2006 montrent son goût pour les féminins sensuels. Avec Jo Malone, elle change de ton. English Pear & Freesia en 2010 puis Wood Sage & Sea Salt en 2014 sont deux colognes courtes et très lisibles. Sì de Giorgio Armani, en 2013, revient à un chypre plus rond. En 2014, Hermès l’engage aux côtés de Jean-Claude Ellena, qu’elle remplace ensuite à la direction de la création. Twilly d’Hermès, sorti en 2017, compte parmi ses premières grandes créations féminines pour la maison. Ce parcours la rend à l’aise partout, du musc charnel à la cologne marine.
Style : la matière presque palpable
Christine Nagel aime rendre une matière presque tangible. Le sel marin et le bois flotté de Wood Sage & Sea Salt, la poire croquée d’English Pear & Freesia, le gingembre piquant de Twilly : chaque parfum part d’une sensation concrète. Elle ne craint pas le fruit non plus. Pêche et litchi dans The One, cassis dans Sì, poire chez Jo Malone. Sur les féminins, ses fonds sont chauds : la vanille revient dans The One, Sì et Twilly. Ses colognes finissent plutôt sur le musc ou l’ambre. Le point faible varie selon le registre. Les Jo Malone tiennent peu, notés 2 sur 5 en intensité, et Sì finit par être dominé par son sucre. Notre avis : elle est à son meilleur quand la peau devient le sujet, comme dans Narciso Rodriguez for Her. Twilly montre l’autre versant, celui de l’humour.

