Parcours : de Grasse à Dior
Né à Grasse, François Demachy grandit au milieu des champs de fleurs et des usines de matières premières. Il fait une longue partie de sa carrière chez Chanel, où il travaille notamment sur les matières et le développement des parfums. En 2006, il rejoint Dior comme parfumeur maison et directeur de la création. Il y reste quinze ans. Son rôle est double : créer les nouveautés et entretenir un catalogue immense, de Miss Dior à Fahrenheit. Il renforce aussi les liens de la maison avec Grasse et ses cultures de fleurs. En 2021, Francis Kurkdjian lui succède. Les cinq parfums de notre base couvrent la dernière partie de son mandat, de 2014 à 2021. Ils montrent un parfumeur à l’aise avec les commandes très grand public, qui cherche l’efficacité avant l’effet de surprise. On peut le regretter, mais peu de parfumeurs ont aussi bien compris ce que le public voulait porter.
Style : l’efficacité avant tout
Chez Demachy, l’idée tient en une phrase et se sent de loin. Sauvage repose sur un contraste simple entre une bergamote électrique et l’ambroxan, une matière boisée et minérale qui diffuse énormément. Sauvage Elixir reprend la même lavande mais l’enrobe d’épices, de réglisse et de bois ambrés. Les masculins de cette page sont puissants : Sauvage et Sauvage Elixir atteignent 5 sur 5 en intensité. Ses féminins sont plus lisses. Joy et Miss Dior Blooming Bouquet jouent la rose, la pêche et le musc, avec une clarté presque trop propre. Il aime aussi retravailler un classique. Dans Fahrenheit Le Parfum, la violette et le cuir de l’original prennent une texture veloutée grâce au benjoin. Le reproche qu’on peut lui faire tient à cette efficacité même. Sauvage est tellement porté qu’il lasse, et Joy manque de caractère. Notre avis : c’est dans le masculin boisé qu’il est le plus convaincant.

