Parcours : un parfumeur de composition
Dominique Ropion appartient au monde des maisons de composition, ces entreprises qui créent les parfums vendus sous le nom des marques. Il travaille aujourd’hui chez IFF. Son nom circule peu auprès du grand public, alors que ses parfums sont partout. Dans notre base, il cosigne Alien avec Laurent Bruyère et Euphoria en 2005. Suivent La Vie Est Belle et Lady Million, puis Invictus et L’Interdit, tous écrits à plusieurs. Ce travail en équipe est la norme sur les gros lancements. Sa collaboration avec Frédéric Malle est d’une autre nature. L’éditeur inscrit le nom du parfumeur sur le flacon et le laisse aller au bout de son idée. Carnal Flower en 2005 puis Portrait of a Lady en 2010 sortent de ce cadre, et ce sont eux qui ont installé sa réputation chez les amateurs. Y d’Yves Saint Laurent, qu’il signe seul en 2017, montre qu’il sait aussi écrire un masculin frais très efficace.
Style : la puissance et le relief
Ropion aime la matière en grand format. Huit des onze parfums de cette page sont notés 4 ou 5 sur 5 en intensité. Il ne cherche pas la transparence. Sa spécialité : les fleurs blanches rendues vivantes. La tubéreuse de Carnal Flower et le jasmin solaire d’Alien en sont les meilleurs exemples. Il sait aussi leur donner une ombre. L’Interdit pose sa tubéreuse sur du patchouli et du vétiver, Portrait of a Lady noie sa rose dans l’encens. Le patchouli est d’ailleurs l’autre constante de son travail, présent dans cinq parfums de la sélection. Côté masculin, il se montre plus sage. La Nuit de l’Homme chuchote avec une intensité de 2 sur 5, et Y joue la fraîcheur propre. Notre avis : c’est chez Malle qu’il donne le meilleur, parce que personne ne lui demande de plaire à tout le monde. Ses parfums grand public restent très bien construits, mais on y sent davantage le cahier des charges.

